François Villais

New-York à vif

Article publié le 5 mars 2018

Pour citer cet article : François Villais , « New-York à vif  », Rhuthmos, 5 mars 2018 [en ligne]. http://rhuthmos.eu/spip.php?article2184
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Cher***


Je m’en viens te soumettre un projet d’exposition à la Galerie des Paysages, à Avignon, durant le festival de théâtre, en juillet prochain.


« New York à vif »


Une approche de la matière de la ville de New York, au delà du minéral, comme d’un « corps urbain », incarné, quasi charnel.


Ce thème s’inscrit dans la continuité de mes travaux et installations de land-art, et de mes expositions, qui prolongent depuis 2002 ma carrière d’architecte, commencée en 1987.


Ces recherches sont centrées sur une opposition à la violence que l’on inflige aux sols, aux territoires, aux paysages : les appropriations sans limite, les fondations profondes en sous-sol, les constructions pondérales en hors-sol, l’occupation à long terme, l’abandon éventuel , les ruines inamovibles, l’impossible restitution de l’état initial, laissant de profonds impacts sur les sites.


La partie la plus importante de mon travail a consisté jusqu’à aujourd’hui, en des installations de grandes dimensions (entre 10 et 100m). Ces structures n’avaient pas ou peu d’impact au sol, et étaient surélevées. Elles étaient éphémères et légères, transparentes à divers degrés et perméables. Très « polies » avec le paysage, ainsi que délicates et silencieuses. J’en ai érigé une quarantaine (voir ici, et encore ), conçues comme des démonstrateurs, des manifestes, des monuments, afin d’attester de la possibilité d’une coexistence apaisée entre un bâti-habitat, et le territoire-paysage.


Ces structures (bambous géants et, jersey, généralement) ont toujours quelque-chose de vivant, de vibrant, d’habité. « Poreuses » (laissant passer les flux), elles laissent à « l’habitant » tout l’usage de ses « pores » afin de ressentir de d’appréhender le milieu. Elles sont pensées comme des points d’écoute, d’observation, de sensation, d’exploration.


Délibérément organique, mon approche de New-York veut documenter, outre les membres et membrures de la ville, ordonnée et verticale, ses peaux, ses tissus, ses artères, mais aussi ses blessures, ses lacérations, ses scarifications, ses amputations, ses greffes, ses gangrènes, ses hémorragies.


Le mode exploratoire (essentiellement dans les marges de Manhattan) sera aléatoire, ainsi qu’un mouvement quasi-brownien.


J’entrevois, au-delà de cette recherche new-yorkaise, d’autres développements, dans d’autres villes ou lieux de bâti.


A très bientôt, cher***, pour le vif...


Fr


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