Pierre Ansart

La pluralité des temps chez les théoriciens socialistes (1820-1870)

Article publié le 13 octobre 2013

Pour citer cet article : Pierre Ansart , « La pluralité des temps chez les théoriciens socialistes (1820-1870)  », Rhuthmos, 13 octobre 2013 [en ligne]. http://rhuthmos.eu/spip.php?article1000
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Ce texte a déjà paru dans L’Homme et la Société, 1988, vol. 90, n° 90, p. 15-24. Il est également accessible ici.


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Résumé : Les fondateurs du socialisme ont en commun de penser l’avènement d’une coupure historique, d’une révolution marquant le début d’un nouveau monde riche de rythmes temporels sans précédents. Mais leurs constructions des temps sociaux divergent profondément. Saint-Simon, puis Eugène Buret, Constantin Pecqueur, font du passé de l’Europe un temps scandé par la succession de systèmes sociaux et analysent la temporalité propre au développement de l’industrie. Fourier récuse cette conception, suspecte à ses yeux d’admettre les éléments de continuité entre le passé et le futur. Marx rejoint dans ce débat les positions saint-simoniennes mais complexifie considérablement l’analyse des temporalités — du capitalisme, de la classe ouvrière, et plus encore des révolutions où il distingue de multiples rythmes en conflit. Proudhon poursuit la réflexion vers la société mutualiste et fédéraliste : il imagine, là encore, une pluralité des temps et s’insurge contre le risque d’une réduction des pratiques à une temporalité dominante.


Abstract : Pierre Ansart, The Plurality of Time in Socialist Thought (1820- 1870) The first socialist theorists shared the idea of a rupture in historical continuity, of a revolution announcing the beginning of a new world rich in new temporal rhythms. But their conceptions of this new social time diverge in major ways. Saint-Simon, Eugène Buret, and Constantin Pecqueur see time broken by succeeding social systems and they analyze the temporality created by the development of the industrial economy. Fourier rejects this conception as suspect, because it preserves the notion of continuity between the old world and the new. In this debate, Marx’s position is similar to that of the saint-simonians, but he refines considerably the analysis of temporalities proper to capitalism, the working class and, especially, of revolutions, in which he distinguishes multiple and conflictual rhythms. Proudhon turns the discussion in a mutualist and federalist direction, seeing a plurality of times and warning of the risk of reducing practice to a single temporal hegemony.

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