Mythologiques aux bidons par Jean-Baptiste Barret

Article publié le 29 août 2013

Pour citer cet article : , « Mythologiques aux bidons par Jean-Baptiste Barret  », Rhuthmos, 29 août 2013 [en ligne]. http://rhuthmos.eu/spip.php?article956
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Ce travail de Jean-Baptiste Barret a déjà paru sur son site où l’on trouvera également d’autres séries de photographies. Nous le remercions chaleureusement de nous avoir autorisé à le reproduire ici.


Ces masques, qui n’en sont pas, ne sont que des récipients utilitaires. Ils ont servi à transporter des liquides industriels, au mieux de l’eau. Ce détournement du bidon plastique a été inauguré par l’artiste béninois Romuald Hazoumé ; les faire porter par des modèles est une étape de plus. C’est une tentative d’incarnation, probablement une recherche de sens par-delà l’absurdité de leur origine économique. Leurs formes austères les rapprochent des masques sacrés ou rituels. Leur allure massive semble leur conférer profondeur et souveraineté. Participent-ils à une surréalité sous-tendant l’univers ? Archétypes paradoxaux, issus d’une grossière plasturgie mécanique, ils évoquent une puissance invisible au quotidien.


Tout masque est un outil de médiation entre la réalité et le surnaturel ou le divin. Dans le théâtre antique, c’est le masque porte-voix, à la bouche ouverte, qui donne une identité à l’acteur. Qui parle derrière le masque ? L’humain ou le surhumain ?


Leurs bouches ouvertes expriment-elles une sidération d’émerveillement ou une stupeur d’effroi. Nous regardent-ils ? Que voient-ils ? Leur regard se serait-il perdu dans les abîmes ou bien est-ce la Gorgone qui leur a confisqué les yeux. Devant une telle « apostrophe » ce sont nos yeux égarés qui cherchent leurs regards d’Orixa à l’insaisissable puissance…


Jean-Baptiste Barret
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