Michel Banniard

Arbor natus in paradiso… : un hymne carolingien (800) latiniforme de rythme romano-germanique

Article publié le 1er juillet 2013

Pour citer cet article : Michel Banniard , « Arbor natus in paradiso… : un hymne carolingien (800) latiniforme de rythme romano-germanique  », Rhuthmos, 1er juillet 2013 [en ligne]. http://rhuthmos.eu/spip.php?article934
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« Rythmes et Croyances au Moyen-Âge »

Journée d’études organisée par Marie Formarier et Jean-Claude Schmitt

23 juin 2012 – Paris


Présentation : Cette journée d’études a eu pour objectif de faire dialoguer les diverses disciplines concernées par le rapport entre rythmes et croyances au Moyen-Âge. Elle a accueilli des historiens, des anthropologues, des sociologues, des philologues et des linguistes. Présents dans la langue latine et les langues vernaculaires, dans la rhétorique du sermon, la prière et le chant, dans les attitudes et les gestes, dans les rues et les églises, les rythmes sont partout au Moyen-Âge : comme aujourd’hui, sans doute, mais suivant des modalités probablement différentes, propres à la société médiévale. Qu’ils soient naturels ou acquis au terme d’un apprentissage, les rythmes ponctuent l’espace-temps médiéval ; les étudier, c’est apporter un nouvel éclairage sur les représentations sociales des rapports entre croyances et savoirs, entre savoirs profanes et savoirs religieux, entre science et spiritualité. Plus spécifiquement, en quoi les rythmes font-il partie, au Moyen-Âge, des techniques du « faire-croire » ? Dans ce cadre, quelles sont les modalités de leur transmission, de leur production de leur diffusion et de leur circulation ? En quoi ces modalités sont-elles infléchies par les mutations politiques, sociales, culturelles et linguistiques que connaît le Moyen-Âge ? En quoi sont-elles imprégnées de l’héritage antique ? Les rythmes sont-ils toujours du côté des ceux qui savent « faire croire » ? Il nous faut préciser les contours du concept même de rythme : peut-on envisager une définition commune à toutes les époques historiques, la nôtre comprise ? Ou une définition qui vaille pour tous les champs envisagés ? Quelle place et quelle fonction attribuer à d’autres concepts liés (et pourtant bien distincts), comme la mesure, la régularité, la périodicité, la linéarité, la répétition ? Peut-on simplement appréhender les rythmes médiévaux comme une « manière de fluer » ?


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10h45-11h15 : M. Banniard (Université Le Mirail Toulouse II / EPHE) : « Arbor natus in paradiso… : un hymne carolingien (800) latiniforme de rythme romano-germanique »


Résumé : Le VIIIe siècle est un siècle charnière à bien des points de vues (linguistique, culturel, religieux, politique…) en Occident Latin. L’espace austrasien a produit des monuments, notamment littéraires, qui permettent d’accéder directement à ce carrefour, d’autant plus animé qu’il est au cœur des forces d’interférence entre germanophones, romanophones et latinophones, et par voie de conséquence, riche de traces des échanges entre rythmes et croyances, des plus savants aux plus populaires. Le bref hymne analysé ici est exemplaire de cette situation pour peu qu’il soit analysé à la lumière de la sociolinguistique diachronique : il permet alors de détecter la fabrication d’un acrolecte littéraire où, sous la graphie latinisante, se laisse nettement repérer le protofrançais – dès lors bénéficaire d’une mise par écrit – et aussi le nouveau rythme poétique au croisement de la poésie rythmique latine (bien intallée désormais) et de la nouvelle poésie rythmique germanique (en voie d’accès à l’écriture).

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