ESTHÉTIQUE – Journées d’étude : « La résonance des rythmes » – Strasbourg – 9 et 10 juin 2022

Rhuthmos
Article publié le 30 mai 2022
Pour citer cet article : Rhuthmos , « ESTHÉTIQUE – Journées d’étude : « La résonance des rythmes » – Strasbourg – 9 et 10 juin 2022  », Rhuthmos, 30 mai 2022 [en ligne]. https://rhuthmos.eu/spip.php?article2845

Ce programme est également accessible sur le site de l’association UTOPIANA.


Journées d’étude


La résonance des rythmes


9 et 10 juin 2022, 4 Rue Blaise Pascal, 67000 Strasbourg


Un nombre grandissant d’artistes depuis le début de ce siècle développent des stratégies créatives impliquant la collaboration avec des partenaires non humains : fonge, végétaux, bactéries, insectes, etc. Ces stratégies peuvent comprendre la présence d’organismes vivants dans les œuvres, des tentatives d’hybridation et des essais de symbiose entre humain et non humain, ou encore des essais de communication avec des acteurs non humains, notamment par la musique. À mesure que la prise de conscience écologique se répand dans le monde de l’art, de telles démarches se multiplient et le premier objectif des deux journées d’étude est d’en cerner les enjeux sur le plan esthétique, éthique et politique.


Les organismes qui sont appelés à figurer dans ce type d’œuvres ne peuvent pas être considérés comme des matériaux à l’instar des pigments de couleur dans la peinture ou du bronze de la sculpture ; ils en sont pourtant des éléments constitutifs, comme dans Reversion C d’Andreas Greiner où un tableau de P. Mondrian (Composition C) est recréé avec des microorganismes des couleurs correspondantes sous verre. Mais l’œuvre est alors formée par leur évolution à travers le temps et la transformation qu’ils impriment collectivement à sa forme visible.


Ainsi, au lieu d’être une manière d’immobiliser, voire d’immortaliser, un événement, l’œuvre devient une forme qui se transforme au gré de l’évolution des vivants qui la constituent. Elle s’inscrit dans l’espace et le temps de manière intrinsèque – rien en elle n’est dissociable du temps. Une œuvre impliquant structurellement des non partenaires non humains possède une existence indissociable d’un certain rythme vital, et constitue par conséquent à chaque fois une occasion de vivre une forme spatiotemporelle singulière, qui ne se répète pas. Le concept de rythme, tel que le philosophe français Henri Maldiney l’a proposé, à savoir le mouvement à chaque fois singulier par lequel une œuvre se déploie dans l’acte perceptif, s’applique particulièrement à ces œuvres dont la dimension temporelle est celle de l’action d’un vivant. En développant de telles œuvres, les artistes créent aussi en même temps des dispositifs de formation de la sensibilité du spectateur. En effet, l’expérience de telles œuvres est aussi l’expérience d’une temporalité différente de celle des humains, d’une altérité qui ouvre à des sensibilités inattendues. Plus précisément, l’enjeu est de saisir le potentiel de transformation de la sensibilité du spectateur de ces œuvres par l’expérience de l’entrelacement des rythmes vitaux. En effet, en mettant en scène visuellement la diversité des rythmes, les artistes donnent lieu à une expérience de relativisation des rythmes humains et parfois d’hybridation possible avec des non-humains. Ainsi, la question émerge de savoir quelle est l’incidence de telles expériences sur la conscience de soi des spectateurs et sur leur sensibilité à l’égard des autres vivants.


Les stratégies de collaboration avec d’autres vivants que les humains posent la question de la correspondance ou de la dissonance des rythmes humains et des rythmes des autres vivants. L’œuvre est le lieu de cette rencontre des rythmes, et sa structure et son efficacité sont liés à la forme de cette rencontre, son accordage. Cette perspective donne la clé pour analyser les œuvres et saisir leur structure et leur déploiement propre dans une durée par nature imprévisible.


Les deux journées d’étude proposent un dialogue soutenu entre des artistes et des théoriciennes qui développent une création et une réflexion sur ces questions, entre arts visuel, histoire de l’art et philosophie du vivant.


Jeudi 9 juin


14h Stefan Kristensen — philosophe, Strasbourg

Introduction


14h45 Jessica Ullrich — historienne de l‘art, Münster

Aesthetic Encounters beyond the Human


16h Adam Zaretsky — artiste, New York / Corfu

The Double Bind of Bioart : Non-Human Life in Art as Usury


16h45 Annabelle Dufourcq — philosophe, Nijmegen

L’imaginaire comme interface écologique



Vendredi 10 juin


9h Dalila Honorato — théoricienne, Université Ionienne, Corfou

The Semiotics of Microbial Flora


9h45 Ana Maria Gomez Lopez — artiste et chercheuse, Amsterdam

Ocular Germination


11h Mickaël Labbé — philosophe, Strasbourg

L’architecture : au-delà de l’humain ?


11h45 Jeanette Schäring – artiste, Göteborg

Performance “The Stain on the cloth”


12h30 Clôture et repas en commun



*Ces journées d’étude sont organisées par Stefan Kristensen, Université de Strasbourg, (UR 3402 / CREAA) et Anna Barseghian, Utopiana Genève. En collaboration avec CREAA(Strasbourg)

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