Rhuthmos

TRANSDISCIPLINAIRES – Appel à contribution pour la revue Temporalités – N° 17 sur « temporalités et autobiographie » – date limite : 15 septembre 2012

Article publié le 1er juillet 2012

Pour citer cet article : Rhuthmos , « TRANSDISCIPLINAIRES – Appel à contribution pour la revue Temporalités – N° 17 sur « temporalités et autobiographie » – date limite : 15 septembre 2012  », Rhuthmos, 1er juillet 2012 [en ligne]. http://rhuthmos.eu/spip.php?article618
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La revue Temporalités propose de remettre en chantier l’analyse des rapports entre temporalités et autobiographie, en posant la question générale suivante : y a-t-il des changements dans les manières de se raconter ?


Pour beaucoup, les parcours de vie contemporains sont en effet marqués par la fragilisation des trajectoires. Des bifurcations sensibles peuvent affecter les choix et les formes de vie : insertion et emploi se précarisent en même temps que les cadres familiaux se fragilisent et se recomposent. Faire sa carrière dans la même institution ou organisation n’a plus les mêmes valeurs d’exemplarité et de reconnaissance sociale que pour les générations précédentes. Pour une fraction grandissante, la formation ne concerne plus les seuls moments de l’enfance ou de la jeunesse, mais affecte d’autres périodes de la vie « adulte ». Le parcours de vie peut être ainsi marqué par de nombreux changements à la prévisibilité incertaine et qui rendent caduques les deux grandes transitions de naguère – entrée dans la vie adulte et passage à la retraite –, en les allongeant et en les complexifiant. On peut ainsi faire l’hypothèse d’une « déstandardisation » des parcours de vie à l’amplitude certes incertaine, mais où il est tendanciellement possible de se former, aimer, bifurquer à tout âge, par nécessité, par choix, par contrainte (Dubar, 2004).


On peut se demander si les grands développements de l’autobiographie auxquels nous avons assisté depuis les années soixante-dix ne correspondaient pas au « genre littéraire d’une époque », c’est-à-dire à l’avènement d’un sujet capable d’auto-formation en des contextes changeants mais suffisamment stables pour anticiper un devenir, une trajectoire, une mobilité. L’autobiographie est le genre de texte par excellence dans le cadre duquel s’effectue une dévolution à l’individu « héroïque » d’une construction de sa trajectoire. Toutefois, elle se produit en des repères encore normés par la carrière monovalente et les grandes transitions de la vie active et de la retraite (Baudouin, 2010).


Bien entendu, ces processus ne sont pas systématiques, mais ils peuvent fortement travailler les biographies actuelles : on peut se demander si la transformation des parcours de vie contemporains n’affecte pas les manières de se raconter et les genres de l’autobiographie. L’hypothèse de travail serait la suivante : à une (supposée) temporalité standard de production des parcours de vie correspond un genre par excellence d’expression de soi : l’autobiographie, telle qu’analysée et conceptualisée par les travaux de Lejeune (1975) ; à des temporalités pluralisées, stochastiques, déchronologisées correspondraient des adaptations des genres de l’expression de soi à définir et à apprécier.


Si l’autobiographie comme roman de formation définit le genre par excellence de la modernité, quel est celui correspondant aux temporalités actuelles ?


L’autobiographie articule et confronte temporalités vécues et temporalités narratives. Les évolutions affectant les premières peuvent transformer les secondes : le projet de ce numéro est de faire un point approfondi sur les dimensions internes de chacune de ces temporalités et leurs relations mutuelles, qui affectent en profondeur les manières de se raconter.


Numéro coordonné par  :

• Jean-Michel Baudouin (Université de Genève)

• Natalia Leclerc (Université de Bretagne Occidentale / Université Européenne de Bretagne)

• Les auteurs devront prendre contact avec les coordinateurs du numéro (Jean-Michel.Baudouin@unige.ch ou natalialeclerc@gmail.com) et envoyer une copie de leur projet d’article au secrétariat de rédaction : francois.theron@uvsq.fr

• Ce projet, composé d’un titre et d’un résumé d’une page de 5 000 signes maximum, ainsi que du nom, des coordonnées et de l’affiliation institutionnelle de l’auteur, doit être envoyé avant le 15 septembre 2012.

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