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SOCIOLOGIE – Appel à contribution pour un colloque : « “Métro, boulot, dodo” Quoi de neuf dans nos routines ? » – Lille – 26 et 27 mars 2014

Article publié le 10 avril 2013

Pour citer cet article : Rhuthmos , « SOCIOLOGIE – Appel à contribution pour un colloque : « “Métro, boulot, dodo” Quoi de neuf dans nos routines ? » – Lille – 26 et 27 mars 2014  », Rhuthmos, 10 avril 2013 [en ligne]. http://rhuthmos.eu/spip.php?article874
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Mobilités spatiales et fluidité sociale


Appel à contributions pour un colloque

« “Métro, boulot, dodo” Quoi de neuf dans nos routines ? »

Lille – 26 et 27 mars 2014


Le prochain colloque du MSFS aura lieu à Lille, les 26 et 27 mars 2014. Nous lançons d’ores et déjà l’appel à contributions, en attirant votre attention sur le fait qu’il se clôt le 26 juillet 2013.


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Ce colloque porte sur les enjeux spatio-temporels des routines de la mobilité quotidienne. Derrière le terme péjoratif de “routine”, relativement peu abordé dans les recherches en sciences sociales, se cache une dimension potentiellement structurante dans les arbitrages individuels quotidiens de la mobilité et des programmes d’activités. Ainsi, il s’agit d’interroger l’émergence, la nature et l’évolution des déplacements routiniers. L’organisation de ce colloque répond à l’urgence d’un dialogue entre les différentes approches disciplinaires d’une part (de la plus strictement sociologique à celles qui convoquent aussi la psychologie, l’économie, la géographie, l’urbanisme ou l’anthropologie), entre les différentes sources de données d’autre part (enquêtes transports-déplacements, enquêtes emploi du temps, enquêtes par carnet de déplacements, enquêtes censitaires, enquêtes qualitatives…) pour produire une analyse sociale et spatiale des comportements de déplacements routiniers. L’objectif est de mettre en présence et de faire dialoguer des chercheurs qui s’efforcent, chacun à sa manière, d’explorer nos « sentiers du quotidien » (JUAN, 1997).


Le contexte est marqué par un vaste mouvement de recomposition de nos mobilités et de nos modes de vie (GAY, KAUFMANN, LANDRIÈVE, VINCENT-GESLIN, 2011). Entre contraintes (risques environnementaux, crise économique et énergétique …) et opportunités (développement des technologies de l’information et de la communication… ), la mobilité fait figure de paradigme porteur d’innovations et de changements dans les usages, les rapports au temps, à l’espace et au corps (AMAR, 2010). Dans ce contexte, il est nécessaire de ré-interroger le « métro- boulot-dodo » pour se demander ce que deviennent nos routines de mobilité : sous quelles formes existent-elles encore et par quoi ont-elles été remplacées sinon ?


Giddens la place au cœur de sa théorie de la structuration (GIDDENS, 1987) ; la routine est à la fois facteur de maintien de la personnalité de l’individu qui se déplace sur des chemins balisés et facteur de stabilité des institutions sociales dont la fonction dépend de leur capacité à se reproduire continuellement. Indispensables réductrices de charge mentale, les routines sont potentiellement génératrices d’inertie, notamment dans le choix modal, les itinéraires empruntés ou les activités programmées. Les routines permettent une « délégation du choix » en un « dispositif de promesse » (KARPIK, 1998) puisqu’elles offrent la garantie d’atteindre un résultat, un but ou une destination dans des conditions prévisibles (affluence, niveau de confort, opportunités de rencontres… ). Les routines de déplacement, plus particulièrement, répondent à une construction sociale et historique du rapport à l’espace de la personne. Elles révèlent un principe plus général de « replacement » (RAMADIER, 2011) en lien avec la familiarité cognitive (lisibilité) des lieux qui participe de l’accessibilité. Si les mobilités occasionnelles comme les vacances, tous les ans dans le même lieu de villégiature, renvoient aussi à une pratique routinière, ce colloque se concentre sur les routines qui concernent la mobilité spatiale des personnes à l’échelle du quotidien. Aussi confortable et rassurante soit-elle, la régularité des rythmes quotidiens comporte des césures, des ruptures, des impossibilités. Certaines sont fortuites, d’autres sont recherchées. Certaines sont objectives et quantifiables (retard, événement impromptu…), d’autres sont plus subjectives et impalpables, témoignant de représentations individuelles ou d’impensés. Si les routines peuvent être analysées comme des dispositifs profondément conservateurs, leurs transformations sont fondatrices ou annonciatrices d’évolutions potentiellement radicales des comportements de déplacement quotidien (choix d’itinéraire, choix modal…). Plus particulièrement, on peut s’interroger sur le rôle des ruptures biographiques qui peuvent apparaître comme un moment clé de la recomposition des habitudes modales ou sonner le glas de toute forme de régularité : certains « altermobilistes », par exemple, optent pour un système flexible dans lequel les usages peuvent évoluer d’un jour sur l’autre et s’éloigner de toute « systématicité » (VINCENT, 2010).


Appel à communications : axes de travail


Les questions abordées dans ce colloque se concentrent sur la nature des routines, leur évolution et les enjeux associés. Si l’on sait que certaines activités (travail, étude… ) produisent de la routine plus que d’autres, dispose-t-on de connaissances plus approfondies sur ce lien entre mobilités et activités replacé dans la perspective des routines individuelles et sociales qui en découlent ? Les routines évoluent-elles uniformément dans tous les groupes sociaux ? Pourquoi et comment résistent-elles à certains bouleversements de notre quotidien ? Quelles sont celles qui dépendent des évolutions technologiques et celles qui sont dépendantes de l’évolution de nos attentes et de nos contraintes de la vie quotidienne ?


On peut également se demander si les routines spatiales et temporelles de mobilité peuvent évoluer quand bien même les enjeux qui y sont associés (coût, temps passé, activités pratiquées, familiarité des lieux, sentiment de sécurité… ) restent en l’état. Qui s’aventure à faire évoluer la stabilité des mobilités routinières ? Comment et pourquoi faire évoluer ses repères du quotidien ? Cette ouverture à d’autres opportunités de déplacement constitue-t-elle une posture valorisée, contrainte, crainte ? Dans quelle mesure les différences de routines ne produisent-elles pas du classement – et corrélativement du déclassement – autant que les pratiques modales ? Dans quelles mesures sont- elles héritées de pratiques familiales antérieures ?


Trois axes de travail sont proposés pour orienter les contributions attendues, pour en prendre connaissance, merci de télécharger l’appel complet (pdf ci-dessus).

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