Guy Lelong

Peinture du temps, musique de l’étendue, ou les réversibilités du réductionnisme

Greenberg / Boulez, Reinhardt / Feldman, Buren / Grisey, Rahm / Hervé

Article publié le 24 mars 2014

Pour citer cet article : Guy Lelong , « Peinture du temps, musique de l’étendue, ou les réversibilités du réductionnisme , Greenberg / Boulez, Reinhardt / Feldman, Buren / Grisey, Rahm / Hervé », Rhuthmos, 24 mars 2014 [en ligne]. http://rhuthmos.eu/spip.php?article1148
Enregistrer au format PDF Version imprimable de cet article Version imprimable envoyer l'article par mail envoyer par mail

Ce texte remarquable a déjà paru dans les Cahiers du MNAM N° 125 à l’aut. 2013. Nous remercions Guy Lelong et les Cahiers du MNAM de nous avoir autorisé à le reproduire ici.


PDF - 560.4 ko
Texte intégral

Au sortir des deux Guerres mondiales, des protagonistes importants de la plupart des domaines artistiques ont réduit leur médium à des constituants ultimes, voire à des éléments essentiels. Je ne me demanderai pas ici s’il y a relation de cause à effet ou simple concomitance entre cette remise en ordre de l’art et ces événements de l’Histoire. Je voudrais plus simplement faire apparaître, en me limitant à la peinture et à la musique, comment le réductionnisme théorisé et élaboré dans les années 1950-1960 a parfois abouti à son inverse. En cherchant en effet à réduire toujours plus les éléments constitutifs de leur médium, certains peintres ont trouvé une temporalité qui appartenait plutôt à la musique, réalisant par conséquent une peinture du temps, tandis que certains compositeurs, en opérant une réduction analogue sur le fait sonore, ont en quelque sorte déployé celui-ci dans l’espace, découvrant une musique de l’étendue. Les disparités observées dans ce cadre réductionniste me permettront, en élargissant le propos, de montrer que la perception des œuvres de l’art se distingue en fonction des déterminants de la réception qu’elles mettent en place. La critique du réductionnisme que certains courants ont ensuite élaborée, contestant notamment l’autonomie contextuelle et référentielle, me conduira à déterminer les interactions de la référence que les œuvres de l’art sont susceptibles de produire, dès lors qu’elles prônent au contraire l’élargissement.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP